La planification des transports urbains

Chapitre 3

Version Française

Les transports et l'organisation de l'espace

 Les transports sont dépendants de l'espace naturel.
 Ils consomment beaucoup d'espace, particulièrement précieux en milieu urbain.

 Ils constituent un outil efficace à mettre au service des politiques d'aménagement du territoire, en particulier pour guider la location des activités.

 A l'échelle urbaine, ils constituent le principal outil de l'urbaniste pour orienter la croissance urbaine.

. Le pouvoir structurant des infrastructure de transport

1. L'espace naturel et les transports:

. Le relief:
 Le relief est une donnée permanente dont les effets doivent être pris en compte:

- Les infrastructures doivent s'adapter aux détails de la topographie locale avec ses espaces plans ou non, ses déclivités.

- Les lignes directrices du relief favorisent ou non l'installation d'un système de transport répondant aux besoins de relations sur un territoire défini.

 Le relief peut constituer un obstacle au développement des infrastructures de transport, notamment en montagne.

 Les grands axes de transport essaient de contourner les massives montagneux.

 Les vallées, les plaines et plateaux constituent des cadres favorisables à la construction des infrastructures de transport.

 on s'affranchit des obstacles majeurs en réalisent des ouvrages d'arts (tunnels, ponts, etc.)

 Le choix, pour les routes comme pour les voies ferrées, entre un itinéraire de col (moins coûteux, plus long et souvent inaccessible en hiver) et le tunnel, résulte d'arbitrages économiques et du trafic.

. Le climat:
 Peut être un obstacle pour:

- La réalisation des infrastructures: la construction de certaines voies ferrées à entraîné de nombreux morts.

- L'exploitation des infrastructures: l'enneigement en haute montagne peut entraîner des coupures saisonnières, le brouillard peut perturber la circulation, de fortes pluies peuvent causer des éboulements ou des glissements de terrain.

- L'entretien des infrastructures: la neige, les inondations, les pluies, la sècheresse détériorent chaussée et voies ferrées.

 La végétation, dépendante du climat, est parfois un obstacle (forêt, etc.). Le souci de préserver les espaces naturels peut conduire à ne pas y tracer d'infrastructure lourde.

 L'hydrologie conditionne la navigation fluviale qui nécessite un débit régulier et un régime pondéré.
 Le gel peut entraîner des périodes de blocage.

2. Le dimension spatiale des transports:

 Les systèmes de transport sont formés de réseaux qui sont l'oeuvre des pouvoirs publics mis en place par les sociétés humaines dans un espace humanisé aux limites politiques ou administratives précises, le territoire.

 Les réseaux structurent le territoire avec leurs axes et leurs noeuds, dont la localisation détermine des espaces privilégiés ou défavorisés.

 On peut caractériser un réseau de transport par quelques propriétés:
   1- La connexité
   2- L'homogénéité
   3- L'isotropie
   4- La modalité
   5-La densité
   6-L'ouverture
   7-Le réserve
   8- La consommation d'espace

- La connexité manifeste la cohésion du réseau: C'est la possibilité d'assurer toutes les liaisons, elle sera maximale si toutes ces liaisons sont directes.
- L'homogénéité
traduit l'indépendance entre les liaisons.
- L'isotropie
est l'équivalence des liaisons entre elles.
- La modalité
caractérise la capacité de relation des noeuds avec les autres points.
- La densité:
rapport entre la longueur des lignes et la superficie de la zone desservie.
- L'ouverture
d'un réseau caractérise la possibilité d'accès en n'importe quel point du réseau.
- La réserve:
un réseau est dit en site propre si l'infrastructure est réservé à un type de véhicule dont le parcours est fixe de façon rigide, un réseau en site propre n'est pas compatible avec les autres réseaux.
- La consommation d'espace,
qui doit être rapportée à la capacité offerte.

- La continuité spatiale suppose trois conditions:
   1. L'ubiquité: la possibilité de se rendre en n'importe quel point.
   2. La fonctionnabilité: la possibilité pour un voyageur d'être transporté sans dépendre d'un groupement avec d'autres voyageurs.
   3. L'instantanéité: la possibilité de réaliser le transport à l'instant désiré.

 Ces conditions ne sont jamais parfaitement remplies.

 Métro, autobus ou automobile sont inégalement consommateurs d'espace. Ils favorisent des formes d'urbanisation très différentes, très inégalement consommatrices d'espace elle aussi.

 La desserte par les transports ferrées favorise une urbanisation dense, dans une aire d'influence limitée.

 Une desserte axée sur l'utilisation de l'automobile favorise une urbanisation peu dense, mais conduit à une urbanisation plus large, isotrope, de l'espace.

 L'autobus est beaucoup moins propice à engendrer ses propres formes d'urbanisation. C'est un mode de transport léger, souple, sans infrastructure propre, qui s'adapte à l'urbanisation plus qu'il ne l'engendre.

3. Permanence des transports et structure de l'espace:

 Les réseaux de transport marquent profondément l'espace.

 L'homme a tracé les premières pistes en foulant le sol. Ses pistes tenaient compte des conditions naturelles (relief, cours d'eau, etc...), avec la domestication des animaux, puis avec les chariots, la piste est devenue route.

 Les réseaux actuels sont souvent des réseaux hérités d'époques antérieures où les conditions d'occupations de l'espace et de production étaient radicalement différentes.

 Cette pérennité des anciens traces est particulièrement significative en ville, où le réseau de voirie urbaine a souvent repris les chemins ruraux préexistants.

 De même, les réseaux que nous planifions aujourd'hui influeront sur l'organisation de l'espace pendant des générations.

Vendredi 18 Juin 2004

Prof: Dr. Salah el-dinn SADECK

Talal EL KHOURY
I.U.A. (Institut d'Urbanisme de l'ALBA) - 2004